Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
Le soleil darde ses rayons sur un paysage glacial de l'Alberta, et les glaciers fondent plus rapidement qu'avant.

Pourquoi faut-il éviter le terme « réchauffement de la planète »

L’expression « changements climatiques » s’entend de modifications distinctes et appréciables des régimes climatiques observées sur une période d’au moins une décennie. Des changements climatiques sont survenus tout au long de l’histoire de la Terre, et ils se sont traduits par des périodes de temps chaud ou de glaciation. L’expression « réchauffement de la planète » est moins juste, car elle n’englobe pas les cas où la planète se refroidit. Le rythme accéléré des changements climatiques actuels et l’incapacité de nombreux organismes à s’adapter à un milieu en rapide mutation suscitent l’inquiétude. Il a donc été décidé de mener d’importantes recherches scientifiques coordonnées pour évaluer la tendance au réchauffement planétaire et définir des moyens d’y faire face.

Effets des changements climatiques sur les espèces locales

Lorsqu’elles disposent d’assez de temps, les espèces peuvent s’adapter. Toutefois, la vitesse rapide des changements climatiques actuels prive certains animaux du répit évolutif nécessaire.

L’ours blanc offre un excellent exemple d’une espèce qui a de la difficulté à s’adapter aux changements climatiques. Celui qu’on nomme aussi l’ours polaire chasse le phoque sur les plateformes constituées par la glace de mer, dans le Nord. Or, la glace diminue non seulement en surface, mais aussi en épaisseur, et l’ursidé doit parcourir de plus grandes distances à la nage pour attraper ses proies. Bien qu’il soit un remarquable nageur, l’ours blanc est incapable de couvrir de vastes étendues d’eau libre. Certains sujets ont nagé jusqu’à en mourir d’épuisement. La recherche de nourriture pousse donc le grand mammifère à gagner l’intérieur des terres, où il représente un danger croissant pour les humains.

En Colombie-Britannique, l’effet des changements climatiques est visible. Les arbres rouges cachent la forêt, et les arbres sont rouges parce que le dendroctone du pin les tue. Cet insecte est en train de ravager les forêts de l’intérieur de la province. L’extinction des incendies de forêt et la coupe sélective des arbres qui n’intéressent pas l’espèce permettent à l’habitat de prendre de l’expansion et aux dendroctones de proliférer. Qui plus est, les changements climatiques, en nous faisant connaître des hivers plus doux, entraînent une augmentation de l’aire de répartition de l’insecte et aggravent le problème déjà existant.

Les hivers rigoureux restreignent généralement l’éclosion des larves, mais les hivers doux ont modifié la relation autrefois stable entre le pin tordu et le dendroctone du pin. Maintenant, un nombre record d’œufs éclosent. Les larves, en creusant des galeries sous l’écorce, entravent la circulation dans l’arbre, qu’elles affament, littéralement. Le dendroctone introduit également dans l’arbre un champignon qui affaiblit ses défenses naturelles contre les infestations de l’insecte. Les arbres morts représentent alors un danger d’incendie qui menace la faune et les humains.

Que les changements du climat perturbent la vie de grands mammifères ou de minuscules insectes, leurs répercussions risquent d’être universelles.

Rétrospective du Canadian Geographic

Canada’s climates are changing more rapidly (en anglais seulement)

(Les climats du Canada sont en train de changer plus rapidement)
Par Morley K. Thomas
Mai 1974

Le Canada doit envisager la possibilité d’un changement de climat, déclare d’entrée de jeu Morley K. Thomas, célèbre climatologue. Selon lui, on peut difficilement prévoir les tendances futures en raison de notre manque de connaissances sur les processus atmosphériques, mais, lorsqu’on en saura davantage sur les causes physiques des tendances à long terme des variables météorologiques, il sera alors possible d’effectuer des prévisions climatiques valables.

Au cours des 20 dernières années, mentionne l’auteur, les médias ont volontiers présenté des reportages sur la transformation de régions canadiennes en plantations bananières ou en zones inondées, ce qui a rendu la population consciente des pénuries de vivres et d’énergie qui existent dans le monde.

Les climats distincts qu’on trouve au Canada sont décrits : doux sur la côte de la Colombie-Britannique, extrême à l’intérieur des terres et, dans l’Est, variable et tempéré par de vastes étendues d’eau. Compte tenu de telles variations à l’échelle nationale, il est facile de comprendre, de l’avis de l’auteur, que de faibles changements de température observés localement puissent passer inaperçus dans le contexte général des changements climatiques.

Plusieurs théories sont proposées pour expliquer les changements climatiques, notamment des théories astronomiques et géophysiques. Les premières sont fondées sur les variations de phénomènes tels que la production d’énergie solaire, tandis que les secondes reposent, entre autres, sur les modifications de l’écorce terrestre et la migration des pôles.

L’auteur accorde beaucoup d’importance au peu qui était connu à l’époque, mais il mentionne quand même les émissions de dioxyde de carbone attribuables à l’activité humaine et donne un bref aperçu des milliards d’années d’histoire géologique de la Terre, tout en faisant remarquer que la surface de celle-ci a connu au moins quatre grandes glaciations.

En conclusion, aucun pays n’est isolé des autres en matière de fluctuations climatiques, estime l’auteur, et les changements climatiques, qui exercent des pressions sociales, économiques et politiques, constituent un phénomène que nous devons tous apprendre à mieux connaître.

Cold warriors (en anglais seulement)

(Combattants du froid)
Par Lisa Gregoire
Octobre 2008

Il y a un demi-siècle, un groupe d’Inuits a été réinstallé à Grise Fiord, au Nunavut, dans l’Arctique canadien. D’immenses difficultés l’attendaient à son arrivée et d’autres surgissent aujourd’hui, les peuples du Nord canadien étant les premières victimes des changements climatiques.

La population de Grise Fiord, au nombre de 141 habitants selon le recensement de 2006, est aux prises avec un approvisionnement en eau potable compromis par la fonte des glaciers et des territoires de chasse qui rétrécissent en même temps que la couverture de glace marine.

Au départ, ces familles du nord du Québec et de l’île de Baffin ont été déplacées par le gouvernement canadien dans une tentative, selon certains, d’affirmer la souveraineté du Canada dans l’Arctique. La chasse en traîneau à chiens a été remplacée par des emplois de 9 à 5 et la navigation sur Facebook.

Les membres très soudés du groupe ont dû s’adapter, entre autres choses, à un été où le soleil ne se couche jamais et à un hiver où, en revanche, il ne se lève pas. Le territoire, différent de l’ancien, a exigé la mise au point de nouvelles techniques de chasse et la modification d’autres aspects du mode de vie.

Les changements observés dans les populations d’ours blancs sont également traités dans l’article. En effet, les bouleversements climatiques ont tout autant de répercussions sur l’ours blanc, ce symbole du Nord, que sur les Inuits. De l’avis de certains d’entre eux, les ours sont plus nombreux qu’avant, mais les données recueillies par les scientifiques contredisent cette assertion.

Une personne interrogée a déclaré que bien des gens dans le sud aimeraient avoir chaud tandis que, dans le nord, le froid est un droit et une nécessité.

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