Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
Un arbre récemment coupé est entouré de souches dans une forêt de la Colombie-Britannique

Les habitats changent vraiment.

Pour être en santé, un milieu sauvage a besoin de beaucoup d’espace – un espace que nous continuons de nous accaparer à un rythme alarmant. Les forêts sont coupées à blanc pour en obtenir le bois; les terres humides sont asséchées et transformées en terres agricoles, en banlieues ou en centres commerciaux. Aucune de nos interventions n’a pour objet de faciliter la vie aux premiers habitants de ces lieux. De la disparition des forêts anciennes de la Colombie-Britannique, aux pipelines proposés dans le Nord, et aux lacs tués par les pluies acides en Ontario, les menaces et les effets réels des changements de l’habitat touchent souvent en premier la vie sauvage. Toutefois, les problèmes qui résultent de ces changements deviennent rapidement des enjeux pour les humains, dont la prospérité a pour origine l’exploitation et la modification de l’habitat.

Effets des changements de l’habitat sur les espèces locales

Pratiquement tous les aspects de la vie d’un organisme sont liés à l’habitat. Toute modification de l’habitat signifie un changement de la vie. Ce ne sont cependant pas toutes les espèces qui souffrent des changements de l’habitat. Lorsque les pionniers ont déboisé le centre et l’est du Canada pour faire de l’agriculture au cours des années 1800, le coyote, l’un des animaux de cette présentation, a proliféré. Or, cela n’est pas le cas de tous les organismes, dont le loup qui est le prédateur du coyote.

Dans le nord, le caribou de la toundra est très susceptible aux changements de son environnement, surtout ceux prenant la forme de constructions apparaissant à l’intérieur ou le long de ses voies de migration qui sont extrêmement importantes pour cet animal. Ailleurs dans l’Arctique, l’habitat de l’ours blanc a été réduit par la disparition de la glace de mer à partir de laquelle il chasse. Cette perte d’habitat force l’ours à rechercher sa nourriture de plus en plus loin, ce qui accroît le risque de famine ou de mortalité par la chasse.

Sur la côte Ouest, même un petit déversement de pétrole peut compromettre la survie de la loutre de mer qui ne peut conserver sa chaleur que si sa fourrure demeure propre. Un autre habitant de la mer, le saumon du Pacifique, doit retrouver les mêmes aires de frai dans les cours d’eau et les ruisseaux. Le saumon ne peut se reproduire lorsque des installations industrielles bloquent l’accès à ces zones.

Un quart des populations mondiales de pygargue à tête blanche et d’ours brun est concentré en Colombie-Britannique, où ils trouvent les forêts et d’autres éléments de l’écosystème qui sont essentiels à certaines parties de leur cycle vital. Cependant, ces habitats sont grugés par l’exploitation forestière et les infestations du dendroctone du pin. Toute modification de l’habitat, favorable ou nuisible à l’égard d’un organisme particulier, a des effets qui touchent toujours plus d’une espèce.

Rétrospective du Canadian Geographic

Our vanishing wetlands (en anglais seulement)

(Nos terres humides en voie de disparition)
Par Michael Keating
Août-septembre 1987

Par sa présentation judicieuse de faits fascinants et de statistiques claires dans son article « Our vanishing wetlands », Michael Keating étoffe un dossier très convaincant en faveur de la préservation des marais. Il note dans son article, paru dans le numéro d’août-septembre 1987, que près du tiers des quelque 600 espèces d’oiseaux du Canada ont besoin de terres humides et qu’au moins la moitié de cet écosystème d’une extrême importance a été éliminée de la partie sud du pays.

À l’ouest, 71 pour 100 des terres humides des Prairies ont été reconverties en terres agricoles. Les marais jouent un rôle de premier plan, car ils constituent les écosystèmes les plus riches et les plus productifs. De plus, ils utilisent l’énergie du soleil de façon huit fois plus efficace que les champs de blé. Malheureusement, les humains y pratiquent de plus en plus la pêche, la trappe, la chasse et l’agriculture.

Michael Keating emploie un langage pittoresque pour souligner l’importance des terres humides dans la santé générale de l’environnement, appelant par exemple celles-ci les « reins de la nature » en raison de leur rôle crucial dans le cycle hydrologique. L’auteur signale que, selon les écologistes, la perte des terres humides représente un problème moins bien connu que la destruction des forêts tropicales, mais que les premières s’avèrent aussi importantes que les secondes pour la préservation du patrimoine génétique.

Last stands (en anglais seulement)

(L’arrière-garde de nos forêts)
Par Steven Fick et Elizabeth Shilts
Juin 2008

Dans l’article « Last stands » de Steven Fick et Elizabeth Shilts, paru en juin 2008, une carte du monde nous donne une image claire - et troublante - des forêts limitrophes, dont le nombre va décroissant.

On entend par « forêts limitrophes » de vastes écosystèmes de forêts naturelles qui sont demeurées intactes et relativement peu perturbées. Ces forêts couvrent une superficie beaucoup moins vaste de la planète qu’elles ne le faisaient il y a 8 000 ans. En Asie, par exemple, elles ont disparu dans une proportion de 95 pour 100. Entre- temps, les humains se sont multipliés rapidement, la population ayant doublé depuis 1950 seulement.

L’article contient une carte du monde qui permet de comparer, du point de vue de l’étendue, les forêts limitrophes d’aujourd’hui et celles d’il y a 8 000 ans. Cette carte est accompagnée d’un texte où l’auteur et le cartographe notent qu’une augmentation de la population s’accompagne d’un besoin croissant de terres agricoles, de bois d’œuvre et de bois de chauffage.

L’Afrique possède seulement des parcelles de forêt limitrophe, dans le bassin du Congo, et la Scandinavie abrite les derniers vestiges en Europe. Les trois quarts restants sont confinés à trois grandes régions : la forêt boréale de la Russie; la bande de forêt boréale qui traverse l’Alaska et le Canada; la forêt tropicale humide du bassin de l’Amazone et du bouclier de Guyane, en Amérique du Sud.

Une forêt limitrophe n’est pas nécessairement inhabitée. Elle peut accueillir de petites populations humaines et subir une exploitation forestière durable. Cependant, pour être dite « limitrophe », elle doit pouvoir assurer la vie de l’ensemble de sa biodiversité naturelle. Dans le cas des forêts boréales du Canada, par exemple, on parle de populations viables et en santé d’espèces telles que le grizzli et le caribou des bois. À peine 10 pour 100, environ, des forêts septentrionales du Canada sont protégées. Or, étant donné l’intérêt croissant suscité par les réserves d’énergie que recèlerait leur sous-sol et les pressions exercées par l’exploitation minière, forestière et, à certains endroits, agricole, il faudrait protéger un territoire bien plus grand pour assurer le maintien de ce précieux écosystème mondial.

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