Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
Les pygargues à tête blanche disposent d'une vaste aire de répartition en Amérique du Nord.

Le saviez-vous ?

Le pygargue à tête blanche utilise le même nid toute sa vie; chaque année, il lui ajoute des brindilles et des branches. De toutes les espèces d’oiseaux d’Amérique du Nord, c’est lui qui a le plus gros nid. Le plus gros jamais vu avait trois mètres de diamètre et six mètres de haut.

Nom scientifique : Haliaeetus leucocephalus
Poids moyen : 2,7 kg à 4 kg (mâle)
4,5 kg à 6,8 kg (femelle)
Hauteur moyenne : 76 cm à 86 cm (mâle)
89 cm à 94 cm (femelle)
Envergure moyenne : 200 à 225 cm
Longévité moyenne : 25 à 40 ans
Pygargue à tête blanche en vol qui tient un poisson dans ses serres.

Évolution de la perspective

Un des premiers articles du Canadian Geographic où l’on a fait mention du pygargue à tête blanche a paru dans les années 1970; il montrait l’évolution au fil des ans des connaissances et des perceptions relatives à ce rapace et à la faune en général. On ne verrait probablement plus aujourd’hui dans un de nos articles des choses comme une photo d’un pygargue qu’on nourrit dans une classe ou un texte sur des aiglons amenés à l’école pour les faire examiner par les élèves.

Des articles plus récents relatent l’histoire d’une rare réussite, le rétablissement de la population du pygargue à tête blanche quasi disparu aux États‑Unis, où cet oiseau est l’emblème national. Ce sauvetage résultait de la collaboration d’équipes canadiennes et américaines.

Même si la situation du pygargue à tête blanche était précaire aux États‑Unis, les lois de ce pays interdisaient l’importation d’oiseaux de proie vivants. Ainsi, en 1982, un dilemme s’est posé quand l’Allemagne de l’Ouest a voulu offrir deux pygargues aux États‑Unis pour souligner le 200e anniversaire de la désignation de l’espèce comme emblème aviaire du pays. Ironiquement, il y avait aussi une lueur d’espoir qui s’est révélée une planche de salut pour le charognard devenu symbole. On a trouvé une échappatoire juridique qui a permis aux autorités d’accepter les cadeaux tout en sauvant la face, et un photographe du U.S. Fish and Wildlife Service a saisi l’occasion de faire passer la frontière à des pygargues depuis le Canada, où ils étaient abondants.

L’exposition de l’oiseau au DDT – un pesticide largement utilisé affaiblissant la coquille des œufs, qui finissait pas se casser – a été l’une des principales causes de la quasi‑extinction de l’espèce. Une fois que l’on a établi le lien de cause à effet, le Canada a interdit l’usage de cette substance pour l’agriculture en 1970, et les Américains ont fait de même, plusieurs années plus tard cependant.

Un article paru récemment dans le Canadian Geographic fournissait des détails sur le retrait, en juin 2007, du pygargue à tête blanche de la liste des espèces en voie de disparition.