Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
L'aire de répartition du plongeon huard couvre une bonne partie du Canada et des États-Unis

Le saviez-vous ?

Le plongeon huard peut plonger pour attraper une proie sous l’eau ou se mettre à l’abri du danger, et peut rester submergé jusqu’à huit minutes.

Nom scientifique : Gavia immer
Poids moyen : 5,5 kg (mâle)
4,5 kg (femelle)
Longueur moyenne : 80 cm
Envergure moyenne : 1,2 m
Longévité moyenne : 4 ans (maximum 30 ans)
Plongeon huard sur l'eau, en Ontario.

Sujet

Biologie

Pour ceux qui connaissent bien la zone de villégiature du Canada central, l’appel du huard est un élément du paysage aussi familier que le sont les lacs et les arbres. Le huard tire son nom d’espèce du verbe huer, à cause de son cri. On le retrouve couramment en milieu sauvage en Amérique du Nord et il est l’une des images canadiennes les plus connues.

Le mâle et la femelle sont semblables, mais le mâle est généralement plus gros. Presque deux fois plus gros que le canard colvert, le huard adulte a des yeux rouges et un bec noir pointu; en été, sa tête est noire et son cou est marqué de bandes blanches verticales. On retrouve aussi du blanc sur son dos et son ventre, sous la forme de carrés d’échiquiers, de taches et de lignes.

Le corps du huard est caréné et ses pattes sont déportées vers l’arrière. Cela lui permet de mieux se déplacer dans l’eau, mais rend sa démarche maladroite. Il peut, lorsqu’il plonge, maintenir sa tête parfaitement alignée avec son cou et ainsi, réduire la résistance au déplacement. Il possède des pattes puissantes pour la nage et ses os, plus lourds que ceux de la plupart des oiseaux, l’aident aussi à mieux plonger.

Habitat et comportement

Le huard consacre la plupart de son temps à chasser, se nourrir, se reposer, lisser ses plumes et s’occuper de ses petits. Sa principale caractéristique réside sans doute dans sa vocalisation comprenant des ioulements, des hululements, des cris plaintifs et des trémolos que certains ont parfois associés au rire démentiel des démons ou de la Dame blanche qui annonce la mort. Le huard utilise diverses combinaisons de ces cris pour communiquer avec l’autre partenaire du couple, ses petits ou d’autres huards.

Prédateur, le huard se nourrit de petits poissons et d’invertébrés. Il lui arrive d’ingérer du sable grossier et de petits cailloux pour faciliter la digestion des arêtes de poissons et des coquilles de mollusques. Connu en Eurasie comme le « grand plongeur du nord », le huard est un excellent nageur et un plongeur d’une grande habileté. Il peut plonger à plus de 70 mètres de profondeur pour atteindre une proie. S’il se sent menacé, il peut aussi plonger pour ne réapparaître qu’à une distance sécuritaire et il peut répéter ce comportement jusqu’à ce que le danger soit écarté.

Les adaptations qui font du huard un plongeur aussi efficace nuisent cependant à son envol. En effet, il doit courir à la surface de l’eau pour atteindre une vitesse suffisante lui permettant de s’envoler. Ses amerrissages ne sont pas plus faciles, car il se jette littéralement à l’eau à grande vitesse qu’il « laboure » ensuite pour s’arrêter.

Aire de répartition

Présent dans toutes les provinces et tous les territoires du pays, le plongeon huard est vraiment un animal canadien. Il hiverne le long des côtes nord-américaines du Pacifique et de l’Atlantique, de l’Alaska et Terre-Neuve, au nord, jusqu’au Mexique, au sud. On le retrouve aussi en Europe et en Islande.

Au printemps et en été, il préfère nicher dans les lacs aux eaux claires, où la recherche des proies est plus facile. Il est particulièrement attiré par les lacs à rives rocheuses et à baies ou à anses profondes.

Migrateur, le huard emprunte ses voies de migration d’automne de septembre à décembre et revient au printemps, de mars à juin.