Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
La moule zébrée n'est pas une espèce indigène au Canada, mais elle abonde maintenant dans les Grands Lacs et au-delà.

Le saviez-vous ?

En un an, une moule zébrée femelle peut produire de 30 000 œufs à un million d’œufs.

Nom scientifique : Dreissena polymorpha
Longueur moyenne : 2 cm à 4 cm
Longévité moyenne : 2 à 4 years
Femme qui tient un bâton sur lequel sont fixées de nombreuses moules zébrées.

Sujet

Biologie

Le nom de la moule zébrée rappelle le réseau de rayures qu’on observe habituellement sur la coquille en forme de triangle ou de D de ce mollusque. Le dessous de la coquille est plat et ses bords sont très coupants. L’espèce présente de grandes variations dans les zébrures, la couleur et la forme de la coquille. Elle est généralement de petite taille, mais certains spécimens peuvent atteindre cinq centimètres de longueur.

Aidée de filaments appelés byssus, la moule zébrée peut se fixer à différentes surfaces sous l’eau. Ces filaments sont tellement résistants qu’il peut être très difficile de déloger les moules.

Habitat et comportement

On trouve ce mollusque d’eau douce dans des lacs et des cours d’eau, voire des lagunes aux eaux saumâtres. La moule zébrée abonde surtout sur les surfaces dures, en particulier les roches.

Un des traits les plus marquants de la moule zébrée est sa tendance à former des grappes compactes d’une densité allant jusqu’à des dizaines et même des centaines de milliers d’individus au mètre carré. En raison de son extraordinaire capacité d’envahir les milieux aquatiques, ce mollusque est considéré comme une espèce nuisible dans la majeure partie du continent nord-américain. La moule zébrée obstrue et endommage les canalisations sous‑marines, par exemple des pipelines et des tunnels. De plus, elle corrode la coque des navires, recouvre les épaves et détruit les habitats en restructurant l’écosystème.

La moule zébrée agit comme un filtre en retirant de l’eau les particules microscopiques, comme les algues. Après avoir consommé les algues, elle dépose ses excréments sur le lit des lacs. Cet engrais fournit des éléments nutritifs aux organismes benthiques et, par la suite, aux poissons qui s’en nourrissent.

Cette chaîne alimentaire peut paraître bénéfique, car elle clarifie l’eau et réduit la pollution, mais elle affame les espèces indigènes qui se nourrissent d’algues et fait entrer plus de lumière naturelle dans la colonne d’eau, ce qui force certains poissons à chercher un nouvel habitat.

Bien que les moules zébrées soient très prolifiques, seulement un petit nombre, peut‑être moins de 10 %, atteignent la maturité. L’espèce compte des prédateurs naturels, dont l’écrevisse, la sauvagine, le rat musqué et le malachigan.

Aire de répartition

Originalement présente seulement en Europe, la moule zébrée a été introduite accidentellement dans les Grands Lacs durant les années 1980, probablement lors du rejet d’eau de ballast à partir d’un navire venant de l’étranger qui était engagé dans la voie maritime du Saint-Laurent.

De nombreux scientifiques prévoient que la propagation de la moule zébrée par les navires et les bateaux de plaisance s’étendra à de plus en plus de cours d’eau et de lacs sur tout le continent.