Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
Les populations nord-américaines de morues franches s'étendent de la Caroline du Nord jusqu'au nord de l'île de Baffin.

Le saviez-vous ?

L’une des plus grosses morues mesurées pesait 96 kilogrammes et avait 180 centimètres de longueur.

Nom scientifique : Gadus morhua
Poids moyen : 2 à 3 kg
Longueur moyenne : 60 à 100 cm
Longévité moyenne : 20 ans ou plus (varie beaucoup)
Morue franche dont on voit clairement un barbillon.

Sujet

Biologie

Principale espèce pêchée au Canada pendant plus de 500 ans, la morue a été connue sous plusieurs autres noms, comme cabillaud, morue commune, morue fraîche, morue franche, morue de l’Atlantique et doguette. Quel que soit le nom utilisé, sa chair blanche, ferme et pas trop huileuse en a fait une prise très recherchée.

La morue possède trois nageoires dorsales (sur le dessus du corps), deux nageoires anales et une queue carrée. Un appendice charnu, appelé « barbillon », pend sous sa mâchoire inférieure. Sa peau est le plus souvent tachetée et de couleur grise ou verte, mais elle peut également être brune, rouge ou dorée dans des conditions particulières d’habitat ou selon son alimentation. De petites écailles lisses la recouvrent, et une ligne latérale est visible des branchies jusqu’à la queue.

La morue a un corps de forme allongée qui lui permet de se déplacer assez rapidement sur de grandes distances au besoin. Elle a, de plus, dans sa tête, une petite pièce osseuse, appelée « otolithe », qui contient des anneaux à partir desquels on peut déterminer l’âge du poisson.

Habitat et comportement

La morue est un poisson de fond qui vit dans les couches inférieures de l’océan, ordinairement à des profondeurs de 400 mètres ou moins. On peut la trouver en pleine mer, mais aussi dans des baies où différents groupes peuvent être présents.

Comme beaucoup de poissons de l’Atlantique Nord, la morue est sensible à la température de l’eau. Par ailleurs, elle peut survivre dans l’eau très froide à une température aussi basse que -1 ˚C grâce à la présence d’une protéine antigel dans son sang. En général, la température de l’eau où on la trouve se situe dans la plage de 2 à 11 ˚C.

Le frai chez la morue semble comporter une sélection des partenaires et a lieu à des profondeurs variant de 10 à 200 mètres. La femelle pond des millions d’œufs. Vu le nombre d’œufs produits, la morue ne construit pas de nid et ne s’occupe pas de sa progéniture.

En général, la morue est un poisson migrateur, mais certaines populations se déplacent plus que d’autres : alors qu’une population peut passer toute sa vie dans une même baie, une autre peut parcourir quelque 800 kilomètres en une année.

Au cours de l’été, la morue migre vers des eaux moins profondes (moins de 50 mètres) pour se nourrir. Elle est très opportuniste pour son alimentation. Son menu typique se compose notamment de ses congénères (y compris sa propre progéniture), de palourdes, de calmars, de moules, d’échinodermes, de cténophores, de vers et même parfois d’oiseaux marins. La morue va jusqu’à avaler les pierres auxquelles ses proies sont accrochées pour les rejeter ensuite après avoir digéré les organismes. Ses prédateurs sont, entre autres, d’autres poissons, les phoques, les baleines et surtout nous, les humains.

Aire de répartition

La morue est présente des deux côtés de l’Atlantique Nord. Du côté de l’Amérique du Nord, on la trouve de la Caroline du Nord jusqu’à l’île de Baffin. Les très fortes populations de morue que possédait autrefois la région des Grands Bancs, au large de Terre-Neuve-et-Labrador, sont l’une des principales raisons de la venue des premiers Européens sur ce continent.