Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
Le monarque a été observé dans les dix provinces canadiennes.

Le saviez-vous ?

Le monarque est sans doute l’insecte qui effectue les plus longues migrations en Amérique du Nord, puisqu’il parcourt jusqu’à 4 000 km par an.

Nom scientifique : Danaus plexippus
Poids moyen : 1,5 g (chenille)
0,4 g (papillon)
Envergure moyenne : 93 à 105 mm
Longévité moyenne : 6 à 8 semaines (génération estivale)
6 à 8 mois (génération hivernale)
Monarque perché sur une fleur.

Sujet

Biologie

Les coloris éclatants du monarque sont célèbres, mais aussi fonctionnels; ils avertissent ses prédateurs que ce papillon est toxique. Même les larves de monarque ou les chenilles ont des bandes noires, jaunes et blanches sur le dos. Cela va à l’encontre de la plupart des papillons immatures, qui ont tendance à se fondre dans leur environnement.

Le monarque d’âge adulte a des ailes orange éclatantes avec une bordure noire épaisse qui entoure deux rangées de points blancs. On peut distinguer le mâle de la femelle par deux points noirs évidents sur les ailes postérieures. Par ailleurs, un monarque femelle a des bandes noires plus larges sur les veines de ses ailes.

Les coloris du monarque, malgré leur unicité, ne lui sont pas exclusifs. Le sylvain royal orange et noir lui ressemble beaucoup. Toutefois, il est un peu plus petit que le monarque et a une bande noire qui traverse la partie inférieure de ses ailes noires.

Habitats et comportement

On l’appelle aussi l’asclépiade, car cette plante revêt une importance névralgique pour les principaux stades de la vie du monarque. Elle lui sert d’abri, de nourriture pour la chenille et de terrain de reproduction pour le papillon adulte. Le fait qu’il se nourrisse d’asclépiade est ce qui rend cet insecte toxique, assurant sa protection contre ses prédateurs. Signalons que les papillons d’âge adulte consomment moins souvent de l’asclépiade et perdent donc une partie de leur toxicité avec l’âge, même si l’asclépiade est le seul végétal dont se nourrissent les chenilles de monarque.

Cette prédilection pour l’asclépiade explique partiellement pourquoi le monarque migre sur de telles distances. C’est depuis le Mexique que l’on pense que l’asclépiade et le monarque ont évolué et, tandis que l’asclépiade étendait son aire de répartition vers le nord, le monarque l’a suivie.

Si le monarque migre ainsi, c’est qu’il ne peut vivre que dans les climats plus chauds et qu’il n’arrive pas à survivre au gel. Il recherche en général un couvert arboricole dense pour y passer l’hiver. Il peut parcourir des milliers de kilomètres grâce à la capacité qu’il a de conserver l’énergie, soit en se laissant porter par des colonnes d’air chaud ascendant, soit en se laissant porter par des vents forts qui l’entraînent à des altitudes pouvant atteindre un kilomètre au-dessus du sol. Pourtant, malgré ces preuves  évidentes des extraordinaires talents de navigateur du monarque, le mécanisme sous-jacent demeure pour nous un mystère.

Durant la reproduction, la femelle pond un œuf fécondé sur la face inférieure d’une feuille d’asclépiade. Une seule femelle peut pondre jusqu’à 400 œufs ou même plus durant son cycle de vie, un à la fois. À partir de là, le papillon subit plusieurs transformations que l’on appelle des métamorphoses et dont les quatre stades prennent environ 30 jours. Après avoir été un œuf pendant 3 à 12 jours, l’œuf éclot pour devenir une larve ou une chenille. Sa tâche consiste alors à se nourrir jusqu’à ce que, trois semaines plus tard, il se fixe à une brindille. À ce stade, la chrysalide nue revêt la forme d’un vase. De là, le monarque amorce le troisième stade comme chrysalide tachetée vert jade. Moins de deux semaines plus tard, un papillon parfaitement formé en émerge.

Aire de répartition

Même si l’on a enregistré la présence de monarques dans les 10 provinces du Canada et les Territoires du Nord-Ouest, il y a 2 populations très distinctes en Amérique du Nord – une à l’est et l’autre à l’ouest. La population de l’ouest comprend les monarques à l’ouest des montagnes Rocheuses, qui passent l’hiver dans des bosquets d’arbre sur la côte californienne. La population de l’est, plus importante, vit à l’est des Rocheuses, depuis le sud du Canada jusqu’au golfe du Mexique. Ces papillons passent l’hiver dans les forêts de sapins concolores du centre du Mexique.

On a recensé la présence de monarques en Europe de l’Ouest (rarement), en Australie, en Amérique du Sud et dans plusieurs îles du Pacifique, dont Hawaï.