Retour à la nature - La faune canadienne et l’évolution des mentalités
La grue blanche, qui effectue de grandes migrations, est présente dans très peu d'endroits du Canada et des États-Unis

Le saviez-vous ?

Grâce à sa technique de vol qui exige peu d’énergie, la grue blanche peut facilement rester 10 heures en vol et franchir 750 kilomètres d’une traite.

Nom scientifique : Grus americana
Poids moyen : 7,5 kg (mâle)
6,4 kg (femelle)
Longueur moyenne : 1,2 m à 1,4 m
Envergure moyenne : 2,2 m
Longévité moyenne : 22 à 24 ans (maximum de 30 ans)
Grue blanche majestueuse qui traverse un terrain marécageux.

Sujet

Biologie

La grue blanche, le plus grand oiseau d’Amérique du Nord capable de voler, se reconnaît facilement à son très long cou, à ses longues pattes et à son long bec. Son plumage est blanc comme neige, avec des marques rouges et noires sur la calotte et autour de son bec grisâtre. Les pattes sont gris-noir, de même que l’extrémité des ailes, qui n’est généralement visible qu’en vol. C’est un des rares animaux dont les yeux sont bleus quand il est jeune et deviennent jaunes à mesure qu’il grandit. En vol, la grue blanche tient son cou tendu vers l’avant et ses pattes bien droites vers l’arrière, campant dans le ciel une silhouette à nulle autre pareille chez les grands oiseaux blancs.

Grâce à son envergure gigantesque qui lui permet de se comporter comme un planeur, la grue blanche ne dépense qu’un minimum d’énergie en vol. Elle exploite les ascendances thermiques pour monter en spirale, puis redescend en planant jusqu’à 70 mètres au-dessus du sol avant de reprendre son ascension en spirale.

Habitat et comportement

Quand elle se sent menacée, quand elle adopte un comportement d’agression ou pendant la parade nuptiale, la grue se tient très droite, rejette la tête en arrière, avec son bec dirigé vers le ciel, et pousse un cri aigu.

La grue blanche s’accouple généralement pour la vie. Durant la parade nuptiale, la femelle se balance d’avant en arrière, en poussant deux cris en réponse à chaque cri, moins aigu, qu’émet le mâle. Mâle et femelle entament alors une danse complexe faite de courbettes, de poursuites, de battements d’ailes et d’impressionnants sauts de un mètre de haut. Non seulement la danse joue un rôle important dans la parade nuptiale, mais elle constitue également un facteur clé dans le développement moteur de l’oiseau ainsi qu’un moyen de détente.

La grue blanche construit son nid avec des scirpes et des quenouilles dans des zones humides boréales comportant des marais, des étangs peu profonds, des petites criques ainsi que des parcelles boisées et des arbustes. En hiver, elle fréquente les prairies, les étangs d’eau douce ainsi que les vasières et marais côtiers. En tant qu’omnivore, elle a un régime varié : baies, insectes, escargots, petits poissons, grenouilles, couleuvres, souris et campagnols en été; grains oubliés dans les champs durant la migration; palourdes, crabes et petits fruits sauvages en hiver.

Aire de répartition

Autrefois présente par milliers dans les Grandes Plaines d’Amérique du Nord, la grue blanche a failli disparaître au milieu du XXe siècle. En 1941, il n’y avait que 21 oiseaux vivants de connus. À présent, grâce aux programmes de protection, d’élevage en captivité et de réintroduction, la grue blanche est en voie de rétablissement. On compte maintenant trois populations en Amérique du Nord. La première, la seule à l’état sauvage, partage son temps entre la réserve faunique nationale Aransas et le parc national Wood Buffalo. Les deux autres ont été réintroduites : l’une migre vers l’Est, l’autre est sédentaire en Floride, dans le parc Kissimmee Prairie et les environs, mais n’est toutefois pas encore autonome.

Les grues blanches qui nichent dans le parc national Wood Buffalo, à la frontière de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest, migrent à l’automne en traversant l’Alberta, la Saskatchewan et, parfois, le Manitoba. Elles font halte en Saskatchewan avant de regagner leurs territoires d’hivernage dans la réserve Aransas, sur la côte du Texas. En recourant à des aéronefs ultralégers, des chercheurs ont appris aux grues migratrices de l’Est à se rendre de la réserve faunique nationale Necedah, dans le Wisconsin, à la réserve nationale Chassahowitzka, en Floride.

En 2009, on dénombrait 152 grues blanches en captivité et 382 en milieu naturel. Ces dernières se répartissaient comme suit : 247 individus à Aransas – Wood Buffalo; 106 grues migratrices de l’Est; 29 sédentaires de Floride.