Prix canadiens de l'environnement 2007
RÉSEAU PCE JURY DES PCE COMMUNIQUÉS POUR NOUS JOINDRE COMMANDITAIRES ENGLISH

Canadian Geographic
Gouvernement de Canada

Prix canadiens de l’environnement
Plan d'action communautaire

APPEL À L'ACTION

Le Canada évoque l'image d'une contrée belle et sauvage. Mais dans un rapport paru il y a deux ans (Canada vs. The OECD: An Environmental Comparison), le chercheur David R. Boyd de l'Université de Victoria dresse un tout autre bilan de la situation. Avocat, auteur et associé principal de la Chaire d'éco-recherche en droit et en politique environnementale de cette université, M. Boyd voulait rétablir les faits. Il a ramené le discours hautement polarisé sur l'environnement à un portrait tranché et saisissant qui résume la conduite du Canada par rapport aux 28 autres pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

À partir des données de l'OCDE, M. Boyd a analysé dix catégories – pollution de l'air, consommation énergétique, déchets, agriculture, changements climatiques, eau, etc. – et établi notre classement par rapport à 25 grands indicateurs environnementaux. Les résultats sont accablants : dans tous les cas, le Canada ne se classe jamais parmi les trois meilleurs pays. De fait, dans 9 cas sur 25, nous sommes parmi les trois pires. Nos plus piètres résultats apparaissent dans des secteurs hautement névralgiques, comme les changements climatiques et la consommation d'eau. Et pour clouer le bec des non-interventionnistes, le rapport dégage un constat choc : les niveaux de pollution et de dégradation environnementale en sol canadien atteignent des sommets disproportionnés compte tenu de notre niveau de productivité. Il qualifie donc l'économie canadienne d'«inefficace». Dans l'ensemble, le Canada arrive au 28e rang sur 29.

Voilà les faits.


L'INSOUCIANCE CANADIENNE

Le rapport Boyd (www.environmentalindicators.com) nous porte un dur coup. Nous adorons notre pays et, à ce qu'il paraît, nous ne sommes pas les seuls. De fait, le Canada est considéré comme l'un des meilleurs pays au monde pour sa qualité de vie. Mais notre bilan environnemental donne à penser non seulement que nous abandonnons le flambeau que nous devrions passer aux générations futures, mais encore que nous perdons haleine à l'approche du dernier droit.

Les Canadiens, semble-t-il, sont de gros consommateurs; parmi les plus acharnés au monde. «Les scientifiques, lit-on dans le rapport Boyd, estiment que si tous les habitants de la Terre consommaient autant que le Canadien moyen, il nous faudrait trois autres planètes pour fournir les ressources et absorber la pollution.»

Aïe !


REVIREMENT DURABLE

Collectivement, les Canadiens consomment sans ménagement et sans guère montrer de signes d'essoufflement. Mais en adoptant le principe du développement durable, les Canadiens peuvent consommer sans compromettre leurs aires naturelles. Lorsqu'elle présidait la Commission mondiale sur l'environnement et le développement en 1983, Gro Harlem Brundtland a poussé le terme «développement durable» sur la scène politique mondiale par son rapport Notre avenir à tous. Vingt-et-une années ont passé depuis, et il est plus que temps que le Canada intensifie ses efforts et, pour reprendre l'expression célèbre de Maurice Strong, se mette à «développer sans détruire».

Le développement durable est un style de vie adapté au contexte actuel. Une société tournée vers le développement durable se préoccupe de la pérennité de ses ressources, autant ses forêts que ses espèces marines ou ses ressources énergétiques. Le développement durable, c'est une manière de vivre en harmonie avec le territoire sans dégrader les écosystèmes complexes dont nous sommes tributaires. C'est une stratégie de développement nuancée et réfléchie qui nous amène à considérer tous les facteurs qui influencent notre bien-être, notre santé, nos économies et nos conditions sociales.

Il ne s'agit pas de faire moins avec moins. Il s'agit de faire davantage, mais intelligemment. Le développement durable nous appelle à employer notre ingéniosité à élaborer des stratégies et des technologies qui produiront les résultats attendus sans compromettre nos valeurs humaines et nos ressources naturelles. Il nous tient responsable de notre impact sur l'environnement d'où nous tirons notre subsistance. Il nous impose des normes beaucoup plus rigoureuses que nous pouvons toutefois appliquer sans peine. Comme l'a souligné Mme Brundtland dans un discours livré à l'Organisation mondiale de la santé en 2002 : «Notre avenir à tous fut un succès parce qu'il a convaincu le plus grand nombre que le développement durable s'attachait d'abord aux gens. Le développement durable veut améliorer la vie des gens. Il veut réduire la pauvreté et assurer la prospérité. Autrement dit, croissance économique et développement durable peuvent aller de pair.»


UNE NOUVELLE VISION POUR LE CANADA

Après toutes ces années à parler de développement durable, il est temps de traduire le concept en gestes concrets. Les Prix canadiens de l'environnement encouragent l'action communautaire. Ils incitent les gens à agir, non pas à attendre que quelqu'un d'autre prenne l'initiative. Dans les Plans d'action communautaire qui suivent chacune de nos catégories, nous proposons des mesures essentielles pour amorcer le virage. Elles n'exigent pas de grands sacrifices. Elles ne sollicitent pas la Terre encore davantage, au contraire. Changer nos habitudes – notre consommation énergétique, notre production de déchets – jette les bases d'un mouvement collectif en faveur d'un véritable changement.

Les Canadiens ordinaires ne participent peut-être pas aux sommets gouvernementaux ou aux séances de planification stratégique des entreprises, mais en tant que consommateurs, nous avons le pouvoir de façonner le marché et d'influencer les pratiques et les politiques environnementales. «Les individus peuvent changer les choses, affirme M. Boyd, qui a signé récemment La durabilité en une génération : une nouvelle vision pour le Canada pour le compte de la Fondation David Suzuki. C'est pourquoi le Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril en 2002; parce que des dizaines de milliers de Canadiens l'attendaient depuis longtemps. C'est pourquoi le dernier budget fédéral prévoit quatre milliards pour l'assainissement de sites contaminés; parce que les gens se sont exprimés et que le gouvernement les a entendus.»

Notre environnement s'est montré indulgent. Depuis des générations, il nous protège des conséquences et des dangers de nos propres excès. À nous maintenant de faire notre part. «Il est bon de savoir, observe M. Boyd, qu'en bâtissant un avenir durable, nous améliorerons non seulement notre qualité de vie, mais aussi celle de nos enfants. N'y a-t-il pas plus bel héritage?»



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