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The War of 1812

Points tournants


Le théâtre de la Guerre de 1812 est très étendu géographiquement. Bien que la plupart des batailles se déroulent sur le territoire canadien, les troupes Britanniques foulent de manière impromptue le sol américain. Militairement, la guerre se joue à peu près comme une partie d’échecs : les Américains tentent des percées sur plusieurs fronts différents; les Britanniques et les Canadiens se défendent, se regroupent et contre-attaquent. Il n’y a aucun point tournant décisif sur le plan militaire. Malgré la mythologie, la victoire de Queenston Heights n’a pas sauvé le Haut-Canada pour toujours, mais elle a mis en échec la première invasion et renforcé considérablement la confiance de la population. Si beaucoup des points tournants décrits ci-après ont davantage représenté le retour aux conditions préexistantes, tous ont offert une occasion de réaliser des gains majeurs dont on n’a généralement pas su profiter en raison d’un commandement inepte, de ressources insuffisantes ou d’un manque de volonté.

Detroit

16 août 1812

Le général américain William Hull abandonne Detroit à sir Isaac Brock et à Tecumseh sans combattre. C’est un premier point tournant. La détermination et l’habileté de Brock rassurent Tecumseh et incitent les Premières Nations à appuyer les Britanniques, qui, aidés de ces alliés, s’emparent de 33 canons, de provisions, de matériel, de chevaux et d’un navire neuf.

Queenston Heights

13 octobre 1812

Lorsque le lieutenant-colonel Winfield Scott agite un mouchoir blanc pour signaler la reddition des Américains, près d’un millier de ses hommes ont été faits prisonniers et 300 ont été tués ou blessés. Si cette victoire n’a pas « sauvé » le Haut-Canada, elle a certainement signifié l’échec de la première invasion américaine. Malheureusement, 28 combattants sont tués du côté canadien, dont un qui est irremplaçable : l’audacieux et efficace sir Isaac Brock. Sa mort et la victoire britannique donnent un coup de fouet à la population du Haut-Canada et dissipent les doutes qu’elle a quant à ses chances de survivre à la guerre contre les Américains.

Put-in-Bay

10 septembre 1813

La bataille pour le contrôle du lac Érié à Put-in-Bay oppose les navires récemment construits de deux flottilles. Le commodore américain Oliver Hazard Perry vainc la résistance déterminée de Robert Barclay, de la Marine royale, qui capitule. La flottille britannique entière est capturée, ce qui amène le commodore Perry à rédiger sa phrase célèbre : « Nous avons affronté l’ennemi, et ses navires sont à nous ». Les Américains contrôleront le lac Érié pendant le reste de la guerre.

La bataille de la Thames (Moraviantown)

5 octobre 1813

Après un repli lent et désordonné le long de la rivière Thames, le major-général Henry Procter se laisse convaincre par ses alliés des Premières Nations d’affronter les Américains près de Moraviantown. Tandis que les soldats britanniques, découragés, se rendent ou fuient, les soldats américains affrontent, dans le marais, les guerriers autochtones qui leur offrent une rude résistance. Au cours de la bataille, Tecumseh est tué. Procter et 246 soldats britanniques s’enfuient, laissant derrière eux 606 hommes tués ou faits prisonniers. Cette bataille est un point tournant, non à cause de la victoire américaine – car, à leur habitude, les Américains seront incapables d’en profiter – mais en raison de la mort de Tecumseh. Pour les Premières Nations, le repli de Procter confirme leurs pires craintes quant au manque de détermination de leur allié de longue date, le roi George III. Leur coalition ne survira pas à la mort de Tecumseh.

Châteauguay

26 octobre 1813

Une bataille qui a lieu dans la vallée de la rivière Châteauguay, à environ 50 kilomètres au sud de Montréal, permet de repousser une importante invasion américaine dans le Bas-Canada. Recourant à des tactiques novatrices, comme sonner les clairons dans les bois pour faire croire à la présence de forces de défense supérieures, les Canadiens, commandés par le lieutenant-colonel Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, sèment la confusion chez les Américains, qui deviennent trop prudents et battent rapidement en retraite. Ni Montréal ni la voie d’approvisionnement vulnérable du Saint-Laurent ne seront sérieusement menacées pendant le reste de la guerre.

Ferme Crysler

11 novembre 1813

La bataille de la ferme Crysler a lieu dans le champ d’un fermier au bord du Saint-Laurent, près de Morrisburg, en Ontario. Elle met en échec le deuxième front de l’invasion américaine du Bas-Canada. Sous le commandement du major-général James Wilkinson, des forces américaines descendent le fleuve Saint-Laurent avec l’intention de s’emparer de Montréal. Les miliciens canadiens et les guerriers mohawks gardent les bois des deux côtés du champ de John Crysler, tandis que les soldats de l’armée régulière britannique sont divisés en deux lignes en prévision de l’assaut. Les Américains attaquent sans succès les lignes britanniques et, après avoir subi de lourdes pertes, sont contraints de se retirer du champ de bataille.

Lundy’s Lane

25 juillet 1814

Défaite ou impasse, la dernière bataille décisive dans la région frontalière de la Niagara amènera les Américains à se replier. Le combat a lieu par une soirée suffocante, à proximité des chutes Niagara. Le brigadier-général américain Winfield Scott conduit sa brigade, constituée de quelque 1 000 hommes, vers l’intersection du chemin appelé Lundy’s Lane. Les Britanniques, ignorant la position des Américains, avancent sur le même chemin et installent leurs canons sur un promontoire. Ils sont accompagnés d’alliés des Premières Nations commandés par John Norton. Dès qu’il aperçoit les forces britanniques, Scott s’immobilise, mais il est à portée de leurs canons, qui commencent à faire des victimes parmi ses hommes. C’est ainsi que débute, un peu après 19 h, la plus sanglante bataille terrestre de la guerre.

De féroces corps à corps ont lieu en pleine noirceur. Les soldats réguliers tirent sur leurs opposants à faible distance et recourent aux baïonnettes. Les commandants des deux armées sont blessés. Les Américains réussissent à s’emparer des canons britanniques, mais, vers minuit, épuisés, ils se replient au sud, à Chippawa, et les abandonnent.

À l’issue de cet affrontement, on compte près de 900 hommes tués, blessés ou portés manquants de chaque côté. La bataille de Lundy’s Lane est l’une des plus importantes de la guerre, car elle met fin à la progression des Américains dans le Haut-Canada.

Plattsburgh (lac Champlain)

11 septembre 1814

La bataille de Plattsburgh (aussi appelée bataille du lac Champlain) est une tentative d’invasion du nord de l’État de New York dirigée conjointement par des forces terrestres et navales sous le commandement de sir George Prevost, gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique. Prevost dispose d’un nombre considérable de soldats afin de mener une attaque importante et peut-être décisive. Toutefois, il ordonne prématurément à la flottille britannique de se lancer à l’attaque sur le lac, et celle-ci est vaincue. Il annule ensuite l’attaque terrestre au grand étonnement de ses subordonnés, tous des vétérans de la guerre en Europe. Prevost sera fortement critiqué pour la conduite de cette campagne. Son manque de courage aura pour effet d’affaiblir sérieusement la position de la Grande-Bretagne aux négociations de paix.

Synopsis

Ce document procure de l’information sur quatre sites historiques du Canada, lesquels commémorent une bataille décisive de la guerre de 1812. En cliquant sur l’un des icônes des sites historiques, l’utilisateur pourra en écouter une description et voir des cartes détaillées ainsi que des photos d’aujourd’hui.



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