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The War of 1812

Principaux acteurs


Chaque crise crée un besoin de talents pour sa prise en main. Les effectifs, la géographie et la technologie sont des facteurs importants, mais pour mettre à profit ou pallier ces facteurs, il faut des meneurs. La Guerre de 1812 ne fait pas exception. Après le conflit, le commodore sir James Lucas Yeo écrira que le succès des Britanniques est davantage dû à la stupidité des commandants américains qu’à des actions positives des Britanniques. Il soulignera l’erreur des Américains de ne pas avoir ciblé la voie de transport vulnérable du Saint-Laurent.

Avec le temps, les exploits de certains acteurs deviendront légendaires, tandis que les actes moins glorieux d’autres tomberont dans le discrédit. Toutefois, on oublie facilement que la plupart des commandants militaires ont dû faire face à des conditions nouvelles et difficiles et que leurs décisions ont été prises sous la pression. Voici le portrait de quelques acteurs mémorables de la Guerre de 1812.

Robert Barclay

Robert Barclay (1786-1837) entre dans la Marine royale à 11 ans, en 1798. Il est affecté au HMS Victory, navire amiral de lord Horatio Nelson, en 1805. Le 21 octobre de la même année, il prend part à la bataille de Trafalgar à titre de lieutenant sur le HMS Swiftsure. Se distinguant maintes fois par des actes de bravoure, il perd son bras gauche au cours d’une bataille contre les Français dans la Manche en 1809.

La Guerre de 1812 amène Barclay à Halifax en février 1813. Le commodore sir James Lucas Yeo l’envoie au lac Érié en tant qu’officier supérieur. À Amherstburg, Barclay commande un navire armé de 16 canons, le Queen Charlotte, ainsi qu’un petit escadron. Il dispose de plus de navires que les Américains, mais il est à court de marins entraînés et de provisions.

Le 9 septembre, Barclay part sur le lac affronter le commodore américain Oliver Hazard Perry. Le lendemain, peu après le lever du soleil, il trouve l’escadron américain dans les îles Bass, et la bataille commence un peu avant midi. Après un combat furieux, Barclay semble vainqueur, mais il se produit un retournement tragique de situation. Tous les commandants britanniques et tous les officiers de carrière sont tués ou gravement blessés. Perry accepte la capitulation de Barclay et s’approprie les navires britanniques.

Une cour martiale exonérera Barclay de tout blâme pour cette défaite.

Sir Isaac Brock

Sir Isaac Brock (1769-1812) est l’un des quelques « héros » de la Guerre de 1812 qui font l’unanimité. Une partie de sa gloire, bien sûr, repose sur la légende qui s’est formée autour de sa mort sur le champ de bataille de Queenston Heights. Brock arrive au Canada en 1802 et s’emploie énergiquement à l’amélioration des moyens de protection du pays. En juillet 1810, la guerre paraissant imminente, le gouverneur du Bas Canada, sir James Craig, l’envoie assumer le commandement du Haut-Canada où il est non seulement commandant militaire mais aussi administrateur du gouvernement.

Bien conscient de la faiblesse des positions britanniques dans le Haut-Canada, Brock détermine rapidement que sans le soutien des Premières Nations, la guerre sera perdue. C’est la raison de ses opérations offensives audacieuses pour prendre le fort Michilimackinac et Detroit, qui convainquent les chefs autochtones, notamment Tecumseh, de se ranger du côté des Britanniques. Les victoires spectaculaires de Brock réconfortent aussi la population et stimulent la milice.

Brock meurt en menant une contre-attaque précipitée sur la pente de Queenston Heights, le 13 octobre 1812. On l’enterre au fort George (Niagara-on-the-Lake), et sa dépouille est plus tard transportée à Queenston Heights où il est enseveli sous une colonne élevée qui domine encore aujourd’hui le champ de bataille. N’eut été de ses talents de meneur à l’été de 1812, le Haut-Canada aurait certainement été conquis par les États-Unis.

John Norton (Teyoninhokarawen)

John Norton (dates de naissance et de décès inconnues) est né d’une mère écossaise et d’un père cherokee. Il arrive au Canada en tant que simple soldat, déserte, puis obtient son congé. Il devient maître d’école, puis négociant en fourrures et interprète pour le capitaine Joseph Brant (Thayendanegea), un chef mohawk qui l’adopte comme neveu et en fait son successeur.

John Norton séjourne en Angleterre de 1804 à 1806 et s’associe au mouvement missionnaire évangélique. S’étant découvert une vocation de missionnaire, il retourne au Canada, mais est découragé par les conditions qui existent à la colonie de la rivière Grand. Le 9 avril 1809, il entreprend un voyage de 1 600 kilomètres qui le mène en Ohio, au Kentucky et au Tennessee, où il est accepté par les Cherokees comme un des leurs.

Pendant la campagne de 1812, John Norton rassemble et dirige des combattants des Six-Nations et d’autres tribus dans la région frontalière de la Niagara. Sa participation à la victoire de Queenston Heights, en octobre, lui donne l’occasion de démontrer ses qualités de chef et représente le point culminant de sa carrière militaire. Mettant à profit les bois qui se trouvent sur le flanc droit des troupes américaines, il retarde l’avance de l’ennemi jusqu’à ce que le major général sir Roger Hale Sheaffe et ses hommes viennent chasser les Américains des hauteurs. Sheaffe honorera Norton en lui décernant le « grade de capitaine des Indiens confédérés ».

En 1813, Norton et une centaine d’alliés des Premières Nations, qui se trouvent au fort George (Niagara-on-the-Lake) lorsque les Américains attaquent à la fin de mai, se replient avec les Britanniques sur Burlington Heights (Hamilton). Une fois l’avance des Américains stoppée à Stoney Creek, le 6 juin, Norton, accompagné de quelques guerriers, poursuit l’ennemi qui bat en retraite.

En 1814, Norton dirige une force combattante qui prend part à la bataille de Lundy’s Lane, à la fin de juillet, et à l’assaut que les Britanniques lancent sans succès contre le fort Érié, à la mi-août. Après la signature du Traité de Gand, en décembre, il met fin à sa carrière militaire et obtient une pension annuelle de 200 £. Par la suite, il continue d’appuyer les demandes d’indemnisation des anciens combattants des Premières Nations pour les pertes subies au cours des campagnes de la guerre.

Oliver Hazard Perry

Oliver Hazard Perry (1785-1819), né dans le Rhode Island, obtient une commission de lieutenant dans l’armée des États-Unis en 1807 et, au début de la Guerre de 1812, il se voit confier le commandement des forces américaines au lac Érié. Lorsqu’il arrive à Presque Isle (Erie, Pennsylvanie), il charge plusieurs charpentiers de construire une flottille de navires. Il obtient neuf bâtiments en un an. Toutefois, seulement deux, le Lawrence et le Niagara, sont adaptés au combat. Perry rassemble également sous son commandement quelque 500 hommes qui, après plusieurs mois d’entraînement, forment une unité navale compétente.

En septembre 1813, Perry met les voiles pour Put-in-Bay, en Ohio, dans le but d’affronter la flottille britannique. La bataille du lac Érié a lieu le 10 septembre. Au début de l’affrontement, les Britanniques infligent de lourdes pertes aux navires américains. Le Lawrence est détruit. Perry s’empare du drapeau du navire et rejoint à la rame le Niagara. Les combats commencent ensuite à tourner en faveur des Américains. Les navires britanniques, fortement canonnés, sont incapables de faire feu sur le Niagara, qui éperonne le navire de tête tandis que les matelots américains tirent sur les Britanniques. Avant la tombée de la nuit, les Britanniques abaissent leur drapeau et se rendent à Perry, qui n’a alors que 28 ans.

Perry envoie un message au général William Henry Harrison pour lui faire part des détails de la bataille. C’est là qu’il déclare : « Nous avons affronté l’ennemi, et ses navires sont à nous ». Cette bataille navale assure aux Américains le contrôle du lac Érié et modifie l’équilibre des forces dans le théâtre d’opérations de l’Ouest. Perry meurt six ans plus tard après avoir contracté la fièvre jaune dans les Antilles.

Sir George Prevost

Sir George Prevost (1767-1816) est le fils d’un Suisse protestant francophone qui s’est enrôlé dans l’Armée britannique et qui a été blessé lors du siège de Québec en 1759. George Prevost obtient une commission d’enseigne dans le régiment de son père le 3 mai 1779. Il sert dans les Antilles et, le 15 janvier 1808, il est nommé lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse.

Le 21 octobre 1811, Prevost est nommé gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique. À l’approche des hostilités, il adopte une stratégie défensive, sa priorité étant la protection de Québec, seule forteresse permanente des deux Canadas.

Au cours du printemps et de l’été de 1814, le gouvernement britannique envoie à Prevost 15 000 hommes et s’attend à ce qu’il lance des opérations offensives après les deux années qu’il a consacrées à la défense. Prevost planifie une opération à la fois terrestre et navale contre Plattsburgh, dans l’État de New York, sur le lac Champlain. Au début de septembre, il part avec sa puissante armée, nettement supérieure en nombre aux forces Américaines. Lorsqu’il atteint Plattsburgh, toutefois, il retarde l’assaut, car il tient à ce que la flottille britannique, sous les ordres du commandant George Downie, ravisse d’abord aux Américains la suprématie sur le lac Champlain.

Inexplicablement, Prevost, qui avait pressé Downie, jeune et inexpérimenté, de participer à une opération soit-disant combinée, ne lui fournit pas le renfort militaire promis quand les navires britanniques engagent le combat dans la baie de Plattsburgh. Downie est tué, et ses forces navales subissent la défaite. Prevost abandonne alors toute l’entreprise et se retire dans le Bas-Canada avec une armée mécontente. Cette décision mortifie les vétérans de la guerre d’Espagne, habitués à de glorieuses victoires sous les ordres du duc de Wellington. Le 1er mars 1815, Prevost apprend avec soulagement que le traité de paix, signé à Gand entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, a été ratifié à Washington. Le lendemain, il est informé, à sa plus grande stupéfaction et humiliation, qu’il a été remplacé au poste de gouverneur en chef et qu’il doit rentrer en Grande-Bretagne pour justifier la façon dont il a conduit la campagne de Plattsburgh.

En août 1815, une cour martiale de la Marine, composée des officiers survivants de l’affrontement dans la baie de Plattsburgh, juge que Prevost est le principal responsable de la défaite parce qu’il a fait intervenir l’escadre prématurément. L’accusé demande alors à être jugé par une cour martiale militaire afin de pouvoir justifier sa conduite, mais il meurt d’hydropisie à l’âge de 48 ans, exactement un mois avant le début des audiences de la cour martiale.

La plupart des historiens présenteront Prevost comme un homme faible et excessivement prudent. N’empêche, celui ci s’est attaqué énergiquement à la préparation de la défense des deux Canadas et, au bout du compte, il a atteint l’objectif principal, qui était d’empêcher la conquête par les États-Unis.

Henry Procter

Né en Irlande, Henry Procter (c. 1763-1822) participe à la Guerre de l’Indépendance américaine en tant qu’officier dans l’armée britannique. Lorsque débutent les hostilités avec les États-Unis à l’été de 1812, sir Isaac Brock l’envoie prendre le commandement à Amherstburg, dans le Haut-Canada. Les mesures qu’il prend alors pour couper les communications entre Detroit et les colonies de l’Ohio aident à isoler la garnison de Detroit et contribuent grandement à la capitulation de la ville devant les troupes de Brock.

Le 22 janvier 1813, Procter obtient la reddition d’une avant-garde de l’armée américaine à Frenchtown (Monroe, Michigan), ce qui lui vaut d’être promu major-général. Il échoue toutefois dans deux tentatives de prendre le fort Meigs, dans l’Ohio, et subit alors des pertes considérables. Les renforts insuffisants et la défaite de Robert Barclay à la bataille du lac Érié, le 10 septembre de la même année, le poussent à se replier, contrairement aux vœux de Tecumseh et des Premières Nations. Le 5 octobre, les Américains qui le poursuivent le rattrapent à Moraviantown. Au cours de l’affrontement qui suit, Tecumseh est tué, et les soldats britanniques sont capturés ou mis en déroute. Procter s’enfuit de la scène avec quelques survivants et gagne Ancaster.

La retraite de Procter lui vaut d’être jugé en cour martiale à Montréal en décembre 1814. Le tribunal le reconnaît coupable de plusieurs chefs d’accusation, dont celui de ne pas avoir regroupé et encouragé ses soldats et ses alliés des Premières Nations pendant et après la bataille. La peine est réduite à une réprimande, mais sa carrière est ruinée.

Presque tous les historiens le présenteront comme un raté, quoique certains reconnaîtront les conditions difficiles dans lesquelles il se trouvait.

Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry

Né à Beauport, près de Québec, Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry (1778-1829) s’enrôle comme volontaire dans le 44e Régiment à l’âge de 14 ans. Il se fait remarquer par sa bravoure en 1794 pendant les invasions des colonies françaises de Saint-Domingue, de la Guadeloupe et de la Martinique.

En 1811, la conjoncture internationale laissant prévoir la guerre, Salaberry présente un projet de création d’un corps de milice : les Voltigeurs canadiens. Il commence à recruter pour ce « corps provincial d’infanterie légère » le 15 avril 1812. Au moment de la bataille de la Châteauguay, en octobre 1813, les Voltigeurs canadiens comptent 29 officiers et 481 sous-officiers et miliciens.

Malgré les opérations menées près de Lacolle, au sud de Montréal, Salaberry est déçu des missions qu’on lui confie et désire quitter l’armée lorsqu’on lui demande de se rendre le plus rapidement possible à la rivière Châteauguay. Les Américains avaient traversé la frontière, et quelque 3 000 hommes avançaient en direction de Montréal. Prévoyant que l’ennemi traverserait la Châteauguay à Allan’s Corners, sur la rive est de la rivière, Salaberry y fait construire des abattis. Ses tactiques astucieuses créent l’illusion d’une force beaucoup plus importante qu’elle ne l’est en réalité et réussissent à décourager l’ennemi. Le 26 octobre, après un combat d’environ quatre heures, les Américains battent en retraite. La bataille de la Châteauguay, qui a sauvé Montréal d’une attaque, prendra un caractère légendaire.

Salaberry, de son vivant, suscitera de vives controverses sur le rôle qu’il a joué dans la bataille de la Châteauguay. Plus récemment, la victoire a été attribuée à la collaboration fructueuse de divers éléments contre un ennemi commun.

Laura Secord

Née au Massachusetts, Laura Ingersoll (1775-1868) immigre au Canada en 1795 et épouse deux ans plus tard James Secord, un jeune marchand de Queenston. Au début de la Guerre de 1812, James Secord est blessé au cours de la bataille de Queenston Heights, et il est secouru sur le champ de bataille par sa femme. L’été suivant, le 21 juin 1813, Laura Secord apprend, probablement en écoutant la conversation de quelques officiers américains qui dînaient chez elle, que les Américains avaient l’intention de prendre par surprise l’avant-poste britannique de Beaver Dams et d’y capturer l’officier en charge, le lieutenant James FitzGibbon. Comme il est impérieux d’avertir l’officier anglais et que son mari est handicapé, Laura Secord décide de remplir elle-même cette mission.

Pour éviter de rencontrer les Américains, Laura Secord choisit de faire un détour qui l’amène de Queenston à Beaver Dams en passant par St. Davids et le ruisseau Twelve Mile, soit une trentaine de kilomètres à travers champs, marais et bois, et elle tombe inopinément sur un campement des Premières Nations. Elle explique alors sa mission au chef, qui la conduit au lieutenant FitzGibbon. Prévenus de l’attaque, quelque 400 guerriers des Premières Nations, sous la conduite de Dominique Ducharme, dressent près de Beaver Dams une embuscade dans laquelle tomberont les Américains le 24 juin 1813. FitzGibbon convainc alors ceux-ci de se rendre.

Malgré les doutes de certains historiens sur la nature et la valeur de son exploit, Laura Secord connaîtra la gloire vers la fin de sa vie. FitzGibbon confirmera lui-même que c’est à la suite de l’avertissement qu’elle lui a donné qu’il a placé les Indiens dans une position où ils pouvaient intercepter les Américains. La renommée de Laura Secord sera telle qu’on érigera deux monuments en son honneur, l’un à Lundy’s Lane en 1901 et l’autre à Queenston Heights en 1910.

Tecumseh (Ta-KUM-tha)

Né sur le territoire actuel de l’Ohio, Tecumseh (c. 1768-1813) est le fils d’un chef shawnee. Sa mère est probablement d’origine creek. Tecumseh participe à deux des trois batailles majeures qui ont lieu dans la région de l’Ohio au cours des années 1790. À la bataille de Fallen Timbers, en août 1794, il se distingue en attaquant un groupe d’Américains qui avaient un canon de campagne. Son frère Tenskwatawa, appelé « le Prophète », prêche la doctrine millénariste selon laquelle les Premières Nations seront délivrées de leurs oppresseurs blancs par l’intervention divine. Tecumseh transforme la religion du Prophète en un mouvement consacré à la défense du territoire des Autochtones, et il rend visite à diverses Premières Nations dans le but de les inciter à s’unir pour résister.

Après le début de la Guerre de 1812, Tecumseh est mentionné pour la première fois dans le Haut-Canada à un conseil tenu à Sandwich (Windsor, Ontario) le 8 juillet 1812. Le 5 août, il fait tomber un train de provisions américain dans une embuscade aux environs de Brownstown, près de Trenton, au Michigan. Le chef shawnee, qui déplorait la prudence des Britanniques, se réjouit à la nouvelle que ceux-ci se sont emparés du fort Michilimakinac et poursuivent leur progression vers le sud. Sir Isaac Brock, après la prise de Detroit à laquelle participe Tecumseh, écrit qu’il ne croit pas qu’il existe de plus sagace ou de plus noble guerrier.

En mai 1813, Tecumseh fait preuve de compassion en mettant fin au massacre des prisonniers faits au cours du siège du fort Meigs. Le 10 septembre, après que les Britanniques ont perdu le contrôle du lac Érié, il supplie le major-général Henry Procter de ne pas battre en retraite. Procter promet alors d’offrir une résistance à la fourche de la Thames, mais une fois à l’endroit prévu pour le combat, il poursuit sa route, devançant le corps d’armée principal, afin de chercher un emplacement plus propice à la défense. Finalement, le 5 octobre, les Américains le rattrapent à Moraviantown. Les Britanniques sont si démoralisés qu’ils rompent les rangs et s’enfuient, laissant quelque 500 combattants des Premières Nations affronter environ 3 000 Américains. Au cours de cette bataille inutile, Tecumseh est mortellement blessé. Par la suite, les Indiens cesseront à toutes fins pratiques d’offrir une résistance efficace au sud des lacs. En 1814, le chef outaouais Naywash (Neywash) dira dans un éloge à Tecumseh : « Depuis que notre grand chef Tecumtha a été tué, nous ne nous entendons plus les uns les autres, et nous ne nous levons pas ensemble. »

John Vincent

Né en Irlande (1764-1848), John Vincent s’enrôle dans l’armée britannique en 1781. En 1802, il s’embarque avec son régiment pour le Bas-Canada. L’année suivante, son régiment est envoyé dans le Haut-Canada où, pendant neuf ans, il tient garnison à York (Toronto) et au fort George (Niagara-on-the-Lake). En février 1813, sir George Prevost, gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique, nomme Vincent brigadier-général et l’envoie dans la région frontalière du Niagara. Vincent est le commandant au fort George lorsque les Américains du fort Niagara attaquent, le 25 mai. Ils disposent d’une flottille et de batteries qui bombardent le fort George, près duquel ils font ensuite débarquer quelque 5 000 hommes. Vincent ordonne alors d’évacuer le fort, d’enclouer les canons et de détruire les munitions. Les Britanniques se replient vers l’ouest et établissent une position défensive le long de Burlington Heights (Hamilton). Les Américains, qui avaient réussi à s’emparer de la péninsule, envoient un détachement de 3 500 hommes d’infanterie et de 150 hommes de cavalerie à la poursuite de Vincent.

Vincent acquiesce à la suggestion d’un de ses aides de surprendre l’ennemi en l’attaquant de nuit à Stoney Creek. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1813, les Américains, pris au dépourvu, sont obligés de quitter leurs positions et d’abandonner leurs canons. Vincent ne participe cependant pas à la bataille. En route vers le lieu de l’affrontement, il est désarçonné par son cheval et se perd dans la nuit.

James Lucas Yeo

James Lucas Yeo (1782-1818) entre dans la Marine royale comme jeune volontaire en mars 1793. En 1805, au cours d’un raid éclair très audacieux sur Muros, petit port fortifié de la côte nord-ouest de l’Espagne, il capture le premier navire qu’il commandera, le Confiance, un corsaire français armé de 22 canons. Reconnu pour ses méthodes peu conventionnelles de combat naval, il est promu commandant en 1807. Au cours de l’hiver de 1808-1809, il dirige une expédition anglo-portugaise contre Cayenne, en Guyane française. Avec seulement 400 hommes et quelques pièces d’artillerie lourde, il force la capitulation d’une garnison de quelque 1 200 hommes protégés par de puissantes fortifications et par plus de 200 canons. Cet extraordinaire exploit vaut au commandant Yeo d’insignes honneurs, entre autres celui d’être reçu chevalier.

Le 19 mars 1813, sir James Yeo est nommé commodore et commandant en chef des forces sur les lacs du Canada. Il atteint Kingston le 15 mai et réussit en moins de deux semaines à déployer ses hommes et à préparer ses navires au combat. Ces derniers sont sans aucun doute plus nombreux que ceux de l’adversaire, mais l’escadre manque sérieusement d’effectifs. Pendant que Yeo contrôle le lac Ontario, son escadre du lac Érié, commandée par Robert Barclay, est anéantie le 10 septembre à Put-in-Bay, en Ohio, par le commodore Oliver Hazard Perry.

Yeo consacre l’hiver de 1813-1814 à réarmer ses navires et à en construire de plus redoutables, notamment un bâtiment de 112 canons, le HMS St. Lawrence, le plus puissant navire de guerre jamais lancé dans les deux Canadas. Il mène une attaque très réussie contre la base américaine d’Oswego, dans l’État de New York, et bloque Sackets Harbor. Les flottilles de Yeo subissent deux importantes défaites sur les lacs Champlain et Érié parce que ses subordonnés ont été forcés par des commandants de l’armée, d’un grade supérieur, de se lancer prématurément à l’attaque. Yeo est particulièrement contrarié par la pression qu’a exercée sir George Prevost afin que son commandant George Downie engage le combat sur le lac Champlain, et ce, même s’il savait que la flottille n’était pas prête. Yeo adresse un rapport à l’Amirauté dans lequel il rend clairement Prevost responsable de la tragédie qui a frappé Downie.

Yeo meurt de « faiblesse générale », à l’âge de 35 ans, à bord d’un navire faisant la traversée de la Jamaïque vers l’Angleterre. Brillant officier, il mérite de figurer parmi les acteurs honorés de la Guerre de 1812.

Synopsis

Ce document propose une galerie de portraits, accessible à l’aide d’une barre de défilement de vignettes, de figures dominantes de la guerre de 1812. Une fois une vignette choisie, l’utilisateur obtiendra une image agrandie et en apprendra davantage sur chacune de ces figures.



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