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The War of 1812

Issue de la guerre


Lorsque la guerre débuta, le président américain James Madison et ses conseillers pensaient que la population du Haut-Canada, largement composée d’immigrants américains, rejetterait le « joug britannique » dès que l’armée américaine traverserait la frontière. Ce ne fut pas le cas. Attirés au nord par la gratuité des terres et les impôts peu élevés, les immigrants américains voulaient qu’on les laisse tranquilles. L’élite britannique et loyaliste a donc pu obtenir l’appui des Canadiens pour la défense des liens avec la Grande-Bretagne. La conviction fondée davantage sur un mythe que sur la réalité selon laquelle ce sont eux, les combattants civils, plutôt que les Premières Nations et l’armée régulière britannique, qui ont gagné la guerre a contribué à la naissance du nationalisme dans le Haut et le Bas-Canada. Les limites actuelles du Canada ont été fixées pendant les négociations de paix. La guerre – ou les mythes qu’elle a créés – a éveillé chez les Canadiens un sentiment d’appartenance à une collectivité et a jeté les bases de la future nation. Dans cette optique, les Canadiens ont été les véritables gagnants de la Guerre de 1812. Ils auraient peut-être pu faire mieux si sir George Prevost avait exploité son avantage dans l’État de New York. Son repli lui fut d’ailleurs reproché, et il était sur le point d’être jugé à la Chambre des Lords lorsqu’il mourut en 1816.

Pour les Américains, l’issue de la guerre n’est pas si claire. Comme les questions de l’enrôlement forcé et des droits maritimes, qui étaient les causes de la guerre, n'ont pas été abordées dans le traité, le conflit peut être considéré comme un échec, bien que certaines victoires en mer aient fourni une indication du potentiel de la puissance américaine. Pour certains Américains, les raisons invoquées pour déclencher les hostilités représentaient les pires prétextes jamais vus pour une guerre. Pour les « faucons » qui souhaitaient l’annexion du Canada, la guerre a été un échec. Cet objectif s’est avéré militairement irréalisable malgré cinq invasions distinctes. Il est moins facile de porter un jugement sur les conclusions voulant que la Guerre de 1812 ait été une deuxième guerre d’indépendance ou encore une guerre au nom de l’honneur et du respect. Dans les faits, l’affrontement divisa profondément les États-Unis. La Nouvelle-Angleterre y était très opposée, au point que deux de ses États menacèrent de se séparer. Le gouvernement de Madison eut beaucoup de difficulté à survivre, le pays fut acculé à la faillite, et ses ports furent soumis à un blocus.

Avec le temps, la guerre fut mythifiée et contribua à l’instauration de l’« ère des bons sentiments ». Présentée aux États-Unis comme la plus importante de la guerre, la bataille de la Nouvelle-Orléans, gagnée par le major-général Andrew Jackson, mit solidement celui-ci en selle pour la course à la présidence.

Les Américains se remirent rapidement des inconvénients causés par la guerre, mais il en fut tout autrement des véritables perdants de ce conflit : les Premières Nations. La mort de Tecumseh et la défaite des Premières Nations à la bataille de la Thames (Moraviantown) brisèrent la confédération de Tecumseh. De même, la défaite parallèle de la nation creek éteignit l’espoir des Premières Nations d’arrêter l’expansion américaine aux dépens de leurs territoires. Au Canada, les Autochtones ont un peu mieux réussi à préserver leurs terres et leurs cultures. La décision de Prevost de se replier plutôt que de lancer une attaque décisive à la fin de la guerre enleva aux Britanniques la possibilité de remplir leur promesse de négocier l’établissement d’une nation pour leurs alliés. Finalement, comme ils l’avaient fait plusieurs fois par le passé, les Britanniques abandonnèrent leurs alliés des Premières Nations dans la paix.

Synopsis

Ce document décrit quelques-uns des impacts sur chacune des nations en guerre après la signature du traité de Gand, à la fin de 1814. L’utilisateur en apprendra davantage sur la signification du traité pour chacun des pays impliqués, dont la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada ainsi que pour les Premières Nations. Des illustrations et des cartes détaillées complètent cette information.



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