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The War of 1812

Les campagnes


Les premières campagnes

En 1812, le Saint-Laurent étant protégé par la forteresse de Québec et la Nouvelle-Écosse étant défendue par la Marine royale, le Haut-Canada est la cible tout indiquée pour une invasion américaine. L’armée régulière compte moins de 9 000 soldats pour défendre tout le Canada, et seulement 1 700 sont affectés à la protection de la longue frontière séparant les États-Unis et le Haut-Canada.

Si les forces britanniques sont bien plus faibles numériquement, elles sont néanmoins assez bien préparées. Elles obtiennent quelques renforts, et leur petite flottille navale contrôle le lac Ontario. Les Britanniques ont également à leur tête un homme très efficace, sir Isaac Brock, qui avait pris soin de renforcer les défenses du Haut-Canada et de contracter des alliances avec les Premières Nations.

Lorsque la guerre est déclenchée, sir Isaac Brock lance une attaque audacieuse contre le fort Michilimackinac, qu’il réussit à prendre le 17 juillet 1812, puis, un mois plus tard, avec à ses côtés le grand chef shawnee Tecumseh, il persuade l’infortuné général américain William Hull d’abandonner Detroit sans engager le combat.

Prévoyant que les Américains tenteraient une invasion en passant par la rivière Niagara, Brock s’empresse ensuite de revenir au fort George (Niagara-on-the-Lake). Dans une tentative précipitée pour reprendre un promontoire, il trouve la mort à Queenston Heights, le 13 octobre 1812. La légende en fera le « sauveur du Haut-Canada », un héros tombé sur le champ de bataille, mais ce n’est qu’après l’arrivée de renforts britanniques, la contre-attaque des Mohawks de John Norton et la perte de courage de la milice américaine qui refuse de traverser la rivière en invoquant un motif constitutionnel que les Américains ont perdu la bataille.

Lorsque la campagne de 1813 débute, les opérations se concentrent à l’ouest du lac Érié. Une nouvelle armée américaine ayant à sa tête le très confiant William Henry Harrison, futur président des États-Unis, a été constituée. Celui-ci déplace son armée vers le nord pour attaquer le Haut-Canada, mais il avait négligé de préparer ses hommes pour l’hiver. En janvier, il envoie une troupe dirigée par le brigadier-général James Winchester de l’autre côté de la rivière Détroit, alors gelée. La troupe est attaquée par des forces britanniques et autochtones à son campement de Frenchtown (Monroe, Michigan). Près de 300 Américains sont tués, et 600 autres sont faits prisonniers. Harrison se réfugie au fort Meigs, dans l’Ohio. Les forces des Britanniques et des Premières Nations ne réussissent pas à l’en déloger. C’est l’impasse. Il devient évident pour les deux parties que le contrôle naval des lacs Érié et Ontario déterminera probablement l’issue de la guerre dans le Haut-Canada.

Sur le lac Ontario, les Américains capturent et occupent brièvement York (Toronto) ainsi que Fort George (Niagara-on-the-Lake), à l’embouchure de la rivière Niagara. Cette période de la guerre est la plus sombre pour les Britanniques, mais les Américains ne tirent pas profit de leurs victoires. Ils laissent notamment le brigadier-général John Vincent et son armée s’enfuir du fort George. La nuit du 5 au 6 juin 1813, les hommes de Vincent attaquent leurs poursuivants à Stoney Creek. Trois semaines plus tard, les Américains essuient une autre défaite à Beaver Dams, où 600 soldats sont capturés par des membres des Premières Nations. Miné par la maladie, la désertion et le départ des soldats engagés pour une courte période, le commandement américain abandonne finalement le fort George le 10 décembre et quitte le Canada. Une autre invasion a été contrecarrée.

Les campagnes de l’Ouest

Les Américains ont plus de succès dans leurs efforts pour s’assurer le contrôle du lac Érié. Les deux flottilles rivales s’affrontent le 10 septembre 1813 à Put-in-Bay (Ohio), où le commodore américain Oliver Hazard Perry devient le premier homme de l’histoire à capturer une flottille britannique complète. C’est à cette occasion qu’il rédige sa phrase célèbre : « Nous avons affronté l’ennemi, et ses navires sont à nous ».

La défaite sur le lac Érié sème la panique au sein des forces terrestres britanniques postées dans l’ouest du Haut-Canada. Le major-général Henry Procter, contrairement aux vœux de Tecumseh, décide de se replier plus à l’est, sur les bords de la rivière Thames, et il est rattrapé par ses poursuivants américains à Moraviantown le 5 octobre 1813. Tandis que les Britanniques s’enfuient, Tecumseh trouve la mort en défendant la position avec ses guerriers. Le secteur ouest de la zone de guerre passe sous la coupe ferme des Américains, mais ceux-ci sont à nouveau incapables de profiter de leur victoire. Plus ils s’enfoncent en territoire canadien, plus leurs routes d’approvisionnement deviennent longues et vulnérables, et plus les hommes ont le mal du pays. Le général William Henry Harrison et son armée retournent à Detroit.

Pour les Premières Nations, le repli de Procter confirme leurs pires craintes quant au manque de détermination de leur allié de longue date, le roi George III. Et leur propre coalition, que cimentait le leadership, les aptitudes et la présence de Tecumseh, ne survit pas à la mort du chef shawnee.

En 1813, les Américains tentent finalement de porter un coup fatal au Bas-Canada, mais leurs armées d'occupation, dix fois plus grosses que les armées britanniques et canadiennes, sont commandées de manière inepte par le major-général James Wilkinson et le brigadier-général Wade Hampton. Une force hétéroclite composée de soldats réguliers britanniques, de Voltigeurs canadiens, de miliciens et de membres des Premières Nations harcèle les envahisseurs américains et finissent par repousser l’invasion, à Châteauguay (Québec) sous les ordres du lieutenant-colonel Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry et, le 11 novembre, à la ferme Crysler (près de Morrisburg, en Ontario) sous le commandement du lieutenant-colonel Joseph Wanton Morrison.

La dernière invasion du Haut-Canada, en 1814

En 1814, les Américains traversent la rivière Niagara à Buffalo. Ils disposent cette fois d’une armée mieux formée, qui est commandée avec plus de détermination. Le 3 juillet, ils s'emparent facilement du fort Érié et, le 5 juillet, ils repoussent une attaque téméraire des Britanniques dirigés par Phineas Riall à Chippawa. La campagne de la Niagara atteint son climax le 25 juillet à la bataille de Lundy's Lane, la plus sanglante de toute cette guerre. Menée par une nuit noire qui empêche les troupes fatiguées de distinguer l’ami de l'ennemi, la bataille se termine dans l’impasse. Cela représente une victoire pour les Britanniques, qui défendent leur territoire. L’invasion américaine est mise en échec. Les Américains se retirent au fort Érié, où ils infligent une cuisante défaite aux forces du nouveau commandant britannique, le lieutenant-général Gordon Drummond, quand celui-ci y tente une attaque dans la nuit du 14 au 15 août. Les forces étant de part et d'autre exténuées, elles demeurent sur leurs positions pendant trois mois. Finalement, le 5 novembre 1814, les Américains se retirent de l’autre côté de la rivière Niagara, ce qui met fin à la guerre dans le Haut-Canada.

La campagne de 1814 dans l’Est

Sur le front atlantique, le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, sir John Sherbrooke, mène des troupes de Halifax au Maine et s’empare de Castine le 3 septembre 1814. À la mi-septembre, les troupes britanniques contrôlent une grande partie de la côte du Maine qui ne sera rendue aux États-Unis qu'après la signature du traité de paix.

L’action la plus formidable des Britanniques en 1814 sera l’invasion du nord de l’État de New York, qui mènera sir George Prevost, gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique, accompagné de 11 000 vétérans de l’armée du duc de Wellington, jusqu’à Plattsburgh, sur le lac Champlain. Prevost n’a toutefois pas la hardiesse de Brock, et il hésite à attaquer. Après la défaite que la flottille britannique rapidement assemblée subit aux mains du commodore américain Thomas Macdonough dans la baie de Plattsburgh le 11 septembre, il décide de se replier. Cet acte de prudence aura à lui seul une influence majeure sur les négociations de paix, qui se dérouleront à Gand, en Belgique. Il obligera les négociateurs britanniques à diminuer leurs revendications et à accepter le statu quo. Si Prevost n'avait pas échoué, il est possible qu’une bonne partie du nord de l’État de New York appartiendrait aujourd’hui au Canada. En revanche, si les Américains avaient remporté la bataille de Stoney Creek ou encore, s’ils s'étaient emparés de Montréal, il est possible qu’une bonne partie de l’Ontario et du Québec, voire la totalité des deux provinces, afficheraient aujourd’hui la bannière étoilée. Le 8 janvier 1815 a lieu la bataille de la Nouvelle-Orléans. Cette bataille est souvent qualifiée de dernière bataille de la Guerre de 1812, mais elle est suivie d’une attaque sur le fort Bowyer dans la baie de Mobile, en Alabama, le 11 février 1815, ainsi que d’autres batailles navales, dont une entre le sloop américain USS Peacock et le croiseur des Antilles Nautilus dans l’océan Indien le 30 juin, six mois après la signature du traité de paix.

Le Traité de Gand

Devant l’absence de progrès sur le front militaire, la situation économique désastreuse de son pays et la division profonde qui y règne au sujet de l’effort de guerre, le président américain James Madison s’empresse d’accepter l’offre de médiation du tsar de Russie Alexandre I. Les représentants des deux belligérants se rencontrent à Gand, en Belgique, en août, et un traité est signé la veille de Noël 1814. Tous les territoires conquis doivent être rendus, et le règlement des différends portant sur les frontières est confié à des commissions conjointes.

Synopsis

Ce document interactif donne plus de détails sur le déroulement de la guerre de 1812 et ses diverses campagnes. L’utilisateur pourra cliquer pour accéder à une carte et à une chronologie des événements de chacune des campagnes de 1812 à 1814.



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