Canadian Geographic
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Evolving cities

Ottawa


Fondation : 1826
Superficie urbaine : 2 778 km2
Superficie rurale : 5 318 km2
Population (métropolitaine) en 2006 : 1 130 761
Rang par la population : 4e

C’est un village forestier ayant poussé au petit bonheur qui donnera naissance un jour à la capitale du Canada, ville dynamique, moderne, et cœur d’une des plus grandes régions urbaines du pays.

L’histoire d’Ottawa, depuis sa fondation le 1er janvier 1855, en est une de muscles et de cervelle, d’audace et de chance, d’épreuves et de courage – une histoire, en somme, à l’image du pays.

Tout commence à Bytown, un village nommé d’après le Colonel John By, ingénieur chargé de la construction du canal Rideau entre 1826 et 1832. Le canal, creusé en bonne partie au pic et à la pelle, constitue le noyau autour duquel la ville grandit. Il reste encore aujourd’hui d’un des principaux attraits d’Ottawa : voie navigable pour les bateaux de plaisance en été et patinoire en hiver, la plus longue au monde. C’est cependant la majestueuse rivière des Outaouais qui donnera à la ville sa première industrie. Empruntée pendant des siècles par ceux qui veulent pénétrer à l’intérieur du continent, Autochtones d’abord, voyageurs ensuite, la rivière trouvera au XIXe siècle une nouvelle vocation : l’exploitation forestière.

Chaque été, pendant près de cent ans, les trains de bois descendent la rivière. Ils sont constitués de billes coupées dans les forêts qui bordent l’Outaouais. Au milieu du XIXe siècle, de grands moulins à scie sont construits près des chutes Rideau et Chaudière. Et les barons du bois, dirigés par J.R. Booth, le plus grand d’entre eux, apportent à la ville esprit d’initiative et emplois et richesse.

En 1857, Ottawa possède d’excellents atouts pour devenir la capitale de la province du Canada. La voie ferrée de la Bytown and Prescott Railway atteignit la ville en avril 1855, favorisant le développement de l’économie et des réseaux de transport. La construction du chemin de fer fut une entreprise audacieuse, et sir Richard Scott crut qu’Ottawa pût devenir la capitale du pays, mais que « sans voie ferrée, cet espoir n’eut jamais été qu’un rêve ».

En 1857, la province du Canada est en pleine ébullition sur le plan politique : les débats sur la question de l’emplacement de la capitale sont à leur paroxysme. Les dissensions entre régions, localités et factions conduisent à une impasse politique. Le choix d’une capitale s’accompagne de considérations politiques, commerciales et idéologiques et suscite de lourdes tensions.

La reine Victoria choisit Ottawa comme capitale de la Province unie du Canada. La construction du premier siège permanent du gouvernement du Canada est annoncée par le prince de Galles, qui est invité à poser la première pierre de l’édifice du centre en septembre 1860. La décision de la souveraine est loin de faire l’unanimité. L’insatisfaction s’exprimera presque jusqu’à la fin du processus d’établissement de la capitale à Ottawa. Il faudra attendre jusqu’en 1865 pour que soit prise la décision politique finale proclamant Ottawa capitale nationale à la conclusion de l’entente confédérative. En 1866, Ottawa devient effectivement la capitale législative, mais c’est en 1867, à l’avènement de la Confédération, qu’elle reçoit le titre officiel de capitale du Dominion du Canada.

À l’aube du XXe siècle, les serviteurs de l’État sont regroupés dans leurs magnifiques « tas de pierres » de la colline du Parlement et dans l’édifice Langevin, tout près, que des rues boueuses relient à la résidence du gouverneur général, à quelques kilomètres de là. Certains bureaux sont loués. Le reste de la ville présente un caractère commercial : elle occupe le premier rang dans le Dominion du Canada pour ce qui est de l’exploitation forestière et de la production hydroélectrique. Mais l’industrie du bois finit par décliner, et l’administration grossit à mesure que son rôle gagne en importance dans une société de plus en plus complexe. L’effectif de la fonction publique augmente régulièrement jusqu’en 1939, puis de façon spectaculaire durant la Deuxième Guerre mondiale.

Dès le début du XXe siècle, les urbanistes cherchent à transformer la capitale nationale en une ville moderne dotée de nombreux édifices emblématiques. Des générations successives d’édifices publics, délibérément érigés dans le style néogothique pittoresque des premiers édifices parlementaires, métamorphosent peu à peu le centre-ville.

Le rôle d’Ottawa comme capitale nationale commence à s’exprimer dans l’aménagement urbain et l’architecture paysagère. Le premier organisme chargé de la mise en valeur de la capitale, la Commission d’amélioration d’Ottawa (1899), crée des parcs. En 1927, elle devient la puissante et expansionniste Commission du district fédéral (CDF), spécialement constituée pour aménager un parc et élever un monument aux morts à proximité de la colline du Parlement. Cette année marque le début d’un empiétement délibéré des fonctions officielles de la ville sur le quartier des affaires. Dans les années 1930, la CDF acquiert au Québec des terres qui deviendront le parc de la Gatineau.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, des constructions « provisoires » peu élégantes qui furent érigées sur la colline du Parlement et aux alentours continuent d’être utilisées pour du travail de bureau. La CDF, guidée par l’urbaniste français Jacques Gréber, procède alors à un réaménagement de la région de la capitale nationale, entre autres en achetant la ceinture de verdure qui entoure la ville et en décentralisant les bureaux de l’administration pour les loger dans des complexes immobiliers en banlieue, notamment au pré Tunney, au lac Dow et à Confederation Heights. En 1958, la Commission de la capitale nationale prend la relève de la CDF. Deux ans plus tard, de vastes parties du vieux centre commercial sont aux mains des autorités fédérales. Les immeubles sont rasés ou conservés pour répondre aux besoins de la nation, et Ottawa se trouve transformée en une véritable capitale.

Synopsis

Cette série propose une carte, des tableaux et un diaporama explorant le développement d’Ottawa. Les cartes interactives montrent la l’usage des terrains au centre-ville en 1901, en 1935 et en 1961. L’utilisateur peut choisir une année à l’aide du bouton de la case de défilement ci-dessous. Deux tableaux indiquent respectivement le nombre de travailleurs masculins et féminins par industrie et par année, de 1911 jusqu’à 1961. Le diaporama contient trois images d’archives de vues perspectives du centre-ville, de 1876 à 1908. L’utilisateur peut naviguer dans la série en se servant des contrôles au-dessus de l’image ou des boutons ci-dessous et explorer des parties de tableaux en cliquant pour faire un zoom avant ou arrière et en faisant glisser le curseur pour obtenir une vue panoramique.



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